lundi, août 23, 2010

Sensationnel : Le cercle littéraire des amateurs de tourte aux épluchures de pommes de terre de l’Île de Guernesey


Je lis beaucoup, même un peu trop. Je lis et relis un peu de tout, de la bibliothèque verte aux œuvres classiques et même, en conséquence ou malgré le diabète, de cette rose et sirupeuse collection arlequin. Non! Ne vous extasiez pas de tant d'éclectisme. Mon but n'étant pas de parfaire ma culture. Ce que je recherche ce sont les sensations.


En dehors de leur lecture, je serai bien incapable de vous dire à quels critères vous fier pour trouver les livres "sensationnels". Par exemple, malgré un tirage de plusieurs milliers d'exemplaires et prés de quatre-vingt dix tomes, je n'ai jamais été au delà du premier chapitre du bottin de la Somme. Vu le style, je comprend que l'on m'en ai fait cadeau. D'où l'utilité de ce que l'on appelait autrefois les cercles littéraires et aujourd'hui internet.

Comment faire une critique de ce livre?

Tout comme les membres de ce cercle, je pense que, comme nous sommes rarement objectifs, on ne peut décrire les sensations éprouvées à la lecture d'un ouvrage sans au préalable dévoiler une part de son caractère et de son vécu.

Donc, autant l'avouer, les phrases descriptives et pompeuses me sont aussi longues que rébarbatives. C'est la raison pour laquelle en choisissant de raconter la vie du cercle littéraire de l'ile de Guernesey sous une forme épistolaire, les deux auteurs m'ont comblées. Je ne sais qui de Mary Ann Shaffer ou de sa nièce Annie Barrows en a eu l'idée mais c'est on ne peut plus judicieux. Petit à petit, au travers de cette correspondance croisée, des lettres courtes d’une à deux pages, des télégrammes d’une à deux lignes, dans un vocabulaire et une construction de phrase simple, on devine le caractère des différents protagonistes, leur place vis à vis du cercle littéraire des amateurs de tourte aux épluchures de pommes de terre de l’Île de Guernesey et la façon dont ils ont personnellement vécu l'occupation nazie. Ne nous y trompons pas, c'est peut-être le véritable sujet de cet ouvrage. Certes, c’est aussi une histoire d’amour, l’amour de la vie après les horreurs de la guerre mais aussi la quête de Julliet, une jeune libraire reconvertie dans l’écriture, qui raconte à son amie d’enfance et son frère, ses émois pour un jeune riche et bel éditeur américain tout cherchant un sujet pour son prochain ouvrage. Ors, le frère de son amie, lui même éditeur, lui fait parvenir la lettre de l’un des fondateurs de ce cercle. De la va naitre une correspondance entre les membres et cette jeune auteur.
En plus de nous laisser entrevoir la vie sous l’occupation et celle d’après-guerre, la construction de ce recueil de lettres s’apparente à une enquête policière sur le devenir de l’une des fondatrice, Elizabeth, déportée pour avoir aidé un jeune travailleur polonais. Il faut dire que pour ce petit bout de l’Angleterre, sous domination allemande et ravitaillée par les corbeaux, la vie n’était pas simple.

On ne peut faire une bonne critique sans être totalement honnête. Là encore, il me faut vous dévoiler une part de moi-même. Je suis un peu écologiste, ors, cette tare n’accorde fort mal à l’usage de la pâte à papier dans la diffusion des œuvres écrites( on préfère la diffusion de fichiers informatiques même si cela consomme de l’électricité.). Et, la maison d’édition de cet ouvrage, Le NIL, a crue bon , afin surement d’en faciliter la lecture, d’en faire 396 pages brochées en consacrant une page pleine à chaque télégramme, même d’une seule ligne. Remarquez c’est toujours moins que l’éditeur « A vue d’œil » qui dans sa collection 16-17, vous le propose en 506.
D’aucun pourraient trouver ce livre simpliste, voir même mièvre mais c’est justement le gage de sa réussite. Tout en recueillant les divers témoignages, vous vous attachez à ces gens simples, voir ordinaires qui vivent et survivent à des situations extraordinaires pour en ressortir soit brisées à jamais soit riches d’espoirs et de vie. Ce petit roman, sans aucunes prétentions vous entrainera alternativement dans des rires inextinguibles et des larmes douloureuses.


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