dimanche, mars 26, 2006

L'anglais

D'elle aussi, j'ai oublié le nom. Autan l'une était une jeune fille, éffacée, grande et blonde autant l'autre était une exubérante, petite brune d'un certain âge. Contrairement à l'une, sa méthode était classique et reposait uniquement sur un apprentissage par coeur du vocabulaire et des imparfaites déclinaisons verbales par contre sa pédagogie frôlait l'indécence. Elle jouait avec nous à un jeu de séduction. Les cinq iou six meilleurs de la classe s'arrogeaient le samedi le droit de porter son cabas lorsqu'elle allait faire quelques courses dans un supermarché anglais de la rue de rivoli. Elle invitais le meilleur à partager son thé de cinq heures, après les cours. Dans une pension de garçons comme la notre, obtenir ses faveurs était une question d'honneur. Pour cela, nous apprenions nos leçons. Mais, si mon amour de l'anglais n'en évolua pas pour autant, j'appris cette année là celui des anglaises. Elle enmena un groupe choisi de perséverants sur place où le bruit courrait à l'époque de leur esprit d'ouverture et notre capacité d'y remédier ( je ne pus à l'époque que tester celle d'une de mes compatriote.). Je me dois de préciser que derrière son exubérance, elle avait l'art de nous jauger, de peser nos espérances. C'est en partageant son thé qu'elle en vint à me proposer de tenter le concours d'entrée à l'école centrale d'électronique où je rencontrais celui qui fut pour moi le professeur le plus marquant.


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